Le roti prata, la galette feuilletée du petit-déjeuner singapourien
Le roti prata est une galette de pâte de blé étirée très finement, repliée puis cuite sur une plaque huilée, croustillante à l'extérieur et feuilletée à l'intérieur. On la mange en la déchirant à la main pour la tremper dans un curry de poisson, de mouton ou de lentilles. D'origine indienne du Sud, c'est l'un des petits-déjeuners et des en-cas de nuit favoris des Singapouriens. En 2026, une prata nature coûte généralement de 1,30 à 2 S$ (0,90 à 1,30 €).
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Qu'est-ce que le roti prata ?
La pâte, faite de farine, d'eau, de sel, de ghee ou de margarine et parfois de lait concentré, repose plusieurs heures en petites boules huilées. Le cuisinier, appelé familièrement « prata man », la fait tourner et voler au-dessus du comptoir pour l'étirer jusqu'à ce qu'elle devienne presque translucide, puis la replie en carré, ce qui crée les couches. Elle est ensuite cuite sur une grande plaque en fonte avec de l'huile ou du ghee, retournée, puis « froissée » entre les mains pour aérer les feuilletages.
Une bonne prata est croustillante en surface, moelleuse et filandreuse à l'intérieur, sans excès de gras. Elle est servie avec une louche de curry, généralement de poisson, que l'on peut remplacer par du dhal (lentilles) ou du curry de mouton. Beaucoup d'habitués la mangent aussi avec du sucre.
Origine et histoire
Le prata descend du parotta du sud de l'Inde, lui-même apparenté au paratha du nord. Il a été apporté au XIXe et au début du XXe siècle par des immigrants tamouls, en particulier des Indiens musulmans (souvent appelés « mamak » en Malaisie), qui ont ouvert des échoppes autour de Serangoon Road et de Kampong Glam.
À Singapour comme en Malaisie, le plat s'est intégré à la culture commune, consommé par toutes les communautés. Le secteur de Jalan Kayu, au nord-est de l'île, est célèbre depuis les années 1960-1970, lorsque des soldats britanniques de la base aérienne de Seletar venaient y manger le soir ; la rue compte toujours plusieurs restaurants de prata ouverts tard.
Les variantes
| Nom | Description |
|---|---|
| Prata kosong | Nature (« kosong » signifie vide en malais) |
| Prata telur | À l'œuf, battu et incorporé avant le pliage |
| Prata bawang | Aux oignons |
| Egg-onion | Œuf et oignons, la plus commandée après la kosong |
| Plaster | Œuf au plat posé sur la galette, jaune coulant |
| Cheese, mushroom | Fromage, champignons ou les deux |
| Tissue prata | Très fine et croustillante, roulée en cône, souvent sucrée |
| Coin prata | Petites pratas rondes, plus épaisses |
| Prata sucrées | Banane, chocolat, Milo, kaya : modernes, surtout le soir |
La version farcie et plus épaisse, avec viande hachée et oignons, devient le murtabak, plat à part entière.
Où le manger et à quel prix
Le roti prata est vendu dans les stands indiens musulmans des hawker centres, dans de nombreux kopitiams et dans des restaurants spécialisés, dont certains ouverts 24 h sur 24. Les quartiers de Little India et de Kampong Glam, Jalan Kayu au nord-est et les quartiers résidentiels de l'est en concentrent beaucoup.
En 2026, comptez en hawker centre 1,30 à 2 S$ pour une prata kosong, 2 à 3 S$ avec œuf ou oignons, davantage pour les garnitures modernes. Le curry est inclus ; les accompagnements de viande (curry de mouton ou de poulet en morceaux) se paient à part. Dans les restaurants climatisés, les prix sont plus élevés d'environ un tiers.
Conseil : deux pratas par personne (une kosong, une telur) constituent un petit-déjeuner complet. Commandez avec un teh tarik, le thé au lait « tiré » d'un récipient à l'autre, qui est son accompagnement traditionnel.
Comment le commander
La commande se fait en anglais mêlé de malais, et le vocabulaire est très codé :
- « Two kosong, one telur » : deux pratas nature, une à l'œuf.
- « Fish curry », « mutton curry » ou « dhal » : le choix du curry, sinon ce sera celui du jour.
- « Curry banjir » : prata « inondée » de curry, nappée plutôt que servie à côté.
- « Crispy » : bien croustillante, cuite plus longtemps.
- « Sugar » : une coupelle de sucre, pour la tremper.
On mange la prata à la main droite, en la déchirant ; des couverts sont fournis sur demande.
Plats apparentés
Dans les mêmes stands, essayez le murtabak, le mee goreng mamak (nouilles sautées épicées à l'indienne) ou le thosai, crêpe de riz et de lentilles tamoule, végétarienne. Pour un repas plus complet de cuisine indienne, le fish head curry se partage à plusieurs. Le roti prata figure dans notre sélection des plats à goûter à Singapour.
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre roti prata et roti canai ?
C'est le même plat. « Roti prata » est le nom utilisé à Singapour, « roti canai » celui de la Malaisie. Les recettes varient surtout d'un stand à l'autre.
Que veut dire « kosong » ?
« Vide » en malais. Une prata kosong est une prata nature. Le mot s'emploie aussi pour un café ou un thé sans sucre.
Le roti prata est-il végétarien ?
La galette l'est généralement (attention au ghee, beurre clarifié) ; le curry de poisson ne l'est pas. Demandez du dhal à la place.
Le roti prata est-il halal ?
Il est presque toujours préparé par des stands indiens musulmans, et la plupart sont certifiés halal par le MUIS.