L'hindouisme à Singapour : temples et fêtes
L'hindouisme est pratiqué par 5,0 % des résidents de Singapour selon le recensement de 2020, et 5,4 % selon l'enquête de 2025, ce qui en fait la seule grande religion en progression. Il est surtout de tradition tamoule et shivaïte, héritée des migrants du sud de l'Inde. Ses temples aux tours sculptées (gopurams), comme le Sri Mariamman à Chinatown, comptent parmi les monuments les plus anciens de la ville, et ses fêtes, Thaipusam, Deepavali ou la marche sur le feu de Theemithi, sont parmi les plus spectaculaires du pays.
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Une religion venue du sud de l'Inde
Les premiers hindous arrivent dès 1819 avec Raffles : soldats cipayes, commerçants et employés venus de Penang et de la côte de Coromandel. Parmi eux, Naraina Pillai, commerçant tamoul, fonde en 1827 le premier temple, dédié à la déesse Mariamman, à l'emplacement de l'actuel Sri Mariamman de South Bridge Road. Au XIXe siècle, la communauté s'élargit avec des forçats envoyés d'Inde pour les travaux publics, des ouvriers, des bouviers installés le long de Serangoon Road (le futur Little India) et des banquiers chettiars.
Les Indiens représentent aujourd'hui environ 9 % des résidents. La majorité des hindous sont tamouls, mais on trouve aussi des communautés malayalie, télougou, pendjabie, gujarati et des Tamouls originaires du Sri Lanka, qui ont leurs propres temples, comme le Sri Senpaga Vinayagar à Ceylon Road. Parmi les Indiens, l'hindouisme coexiste avec l'islam, le christianisme et le sikhisme.
Comment l'hindouisme est organisé
Le Hindu Endowments Board, établi par une loi de 1968, gère quatre temples historiques (Sri Mariamman, Sri Srinivasa Perumal, Sri Sivan et Sri Vairavimada Kaliamman) et coordonne l'organisation des grandes fêtes, dont Thaipusam et Theemithi. Le Hindu Advisory Board, plus ancien, conseille le gouvernement sur les questions religieuses. Les autres temples, une trentaine de grands temples au total, sont gérés par des associations ou des communautés. Comme le veut la tradition, la plupart sont reconsacrés environ tous les douze ans lors d'une grande cérémonie, le kumbabishegam, qui donne lieu à des restaurations et à des rassemblements importants.
Les temples hindous à visiter
- Sri Mariamman (South Bridge Road, Chinatown) : le plus ancien temple hindou du pays, dédié à la déesse Mariamman, réputée guérir les maladies. Son gopuram couvert de divinités colorées domine la rue. Monument national.
- Sri Srinivasa Perumal (Serangoon Road, Little India) : temple dédié à Vishnou, fondé en 1855, au gopuram de six étages. Point de départ de la procession de Thaipusam.
- Sri Veeramakaliamman (Serangoon Road) : consacré à Kali, la déesse destructrice du mal, il a été construit par les ouvriers bengalis et tamouls du XIXe siècle. C'est l'un des temples les plus fréquentés de Little India.
- Sri Thendayuthapani (Tank Road) : temple des Chettiars dédié à Murugan, terme de la procession de Thaipusam. Son plafond est orné de panneaux de verre colorés.
- Sri Krishnan (Waterloo Street, Bugis) : petit temple voisin du temple bouddhiste de Guanyin, où des fidèles bouddhistes viennent aussi déposer de l'encens, une image de la coexistence singapourienne.
Les grandes fêtes hindoues
| Fête | Période | Ce qu'on voit |
|---|---|---|
| Pongal | Mi-janvier | Fête des récoltes tamoule, riz bouilli au lait, décorations à Little India |
| Thaipusam | Janvier ou février | Procession de dévots portant des kavadis, de Serangoon Road à Tank Road |
| Panguni Uthiram | Mars ou avril | Procession en l'honneur de Murugan |
| Navaratri | Septembre ou octobre | Neuf nuits consacrées à la déesse, musique et danse dans les temples |
| Theemithi | Octobre ou novembre | Marche sur le feu au temple Sri Mariamman, en l'honneur de Draupadi |
| Deepavali | Octobre ou novembre | Fête des lumières, illuminations de Serangoon Road, jour férié |
Thaipusam est l'événement le plus impressionnant : des milliers de fidèles accomplissent un vœu à Murugan en marchant environ quatre kilomètres, certains portant des structures métalliques fixées par des piques dans la peau, d'autres des pots de lait sur la tête. Les processions religieuses hindoues sont en principe interdites dans les rues depuis les années 1970, sauf pour Thaipusam, Panguni Uthiram et Theemithi, qui bénéficient d'autorisations encadrées par la police. Lors de Theemithi, des centaines d'hommes traversent pieds nus une fosse de braises dans la cour du Sri Mariamman, au terme d'une procession partie de Serangoon Road.
La vie quotidienne des fidèles
La pratique se déroule d'abord à la maison, devant un autel familial, et au temple lors des pujas, cérémonies d'offrande célébrées plusieurs fois par jour au son des clochettes et des tambours. Les fidèles y déposent des fleurs, des fruits, des noix de coco, et reçoivent en retour des cendres sacrées ou de la poudre de kumkum qu'ils appliquent sur le front. Les guirlandes de jasmin et d'œillets vendues dans les échoppes de Little India sont destinées à ces offrandes. Le végétarisme, total ou observé certains jours, est répandu, et les restaurants végétariens du sud de l'Inde sont nombreux autour de Serangoon Road.
Conseil : retirez vos chaussures à l'entrée du temple, couvrez épaules et genoux, et ne touchez pas les statues ni les offrandes. Les photos sont généralement acceptées dans la cour, mais demandez avant de photographier une puja ou un fidèle. Voir visiter les lieux de culte.
Questions fréquentes
Combien y a-t-il d'hindous à Singapour ?
5,0 % des résidents de 15 ans et plus au recensement de 2020, et 5,4 % selon l'enquête de 2025, majoritairement tamouls.
Quel est le plus ancien temple hindou de Singapour ?
Le Sri Mariamman, fondé en 1827 sur South Bridge Road, à Chinatown.
Thaipusam est-il un jour férié à Singapour ?
Non, contrairement à la Malaisie. Seul Deepavali est un jour férié hindou à Singapour.
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