Singapour moderne : de 1990 à aujourd'hui
Depuis 1990, Singapour a connu trois Premiers ministres : Goh Chok Tong (1990-2004), Lee Hsien Loong (2004-2024) et Lawrence Wong, en fonction depuis le 15 mai 2024. La ville-État a traversé la crise financière asiatique de 1997, l'épidémie de SRAS en 2003, la crise mondiale de 2008 et la pandémie de COVID-19, tout en devenant un centre financier, logistique et technologique de premier plan. Le People's Action Party reste au pouvoir : il a remporté les élections du 3 mai 2025 avec 65,6 % des voix.
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Les années Goh Chok Tong (1990-2004)
Le 28 novembre 1990, Goh Chok Tong, ancien dirigeant de la compagnie maritime publique NOL et ministre de la Défense, succède à Lee Kuan Yew. Il promet un style « plus doux et plus consultatif », sans rompre avec les fondamentaux. Sa période voit plusieurs réformes institutionnelles : la présidence devient élective à partir de 1991, avec un droit de veto sur l'usage des réserves financières (premier président élu : Ong Teng Cheong en 1993 ; voir les présidents).
La crise financière asiatique de 1997-1998 frappe durement la région. Singapour, dont la monnaie et les banques résistent mieux que celles de ses voisins, entre en récession en 1998 et réagit par une baisse des coûts salariaux, notamment des cotisations patronales au CPF. En 2001, l'éclatement de la bulle technologique provoque une nouvelle récession. Après les attentats du 11 septembre, les autorités démantèlent en décembre 2001 une cellule de la Jemaah Islamiyah qui projetait des attentats à Singapour, ce qui conduit à renforcer les dispositifs d'harmonie interreligieuse (voir l'harmonie religieuse).
En 2003, l'épidémie de SRAS touche 238 personnes et fait 33 morts à Singapour. La gestion de la crise, avec dépistage de la température, quarantaines et centralisation des soins à l'hôpital Tan Tock Seng, servira de base à la préparation aux pandémies suivantes.
L'ère Lee Hsien Loong (2004-2024)
Fils aîné de Lee Kuan Yew, ancien officier et vice-Premier ministre, Lee Hsien Loong devient Premier ministre le 12 août 2004. Ses vingt ans au pouvoir sont marqués par :
- L'ouverture des casinos : après un débat national, le gouvernement autorise deux « integrated resorts », Marina Bay Sands et Resorts World Sentosa, ouverts en 2010 (voir Marina Bay Sands).
- L'immigration : la population passe d'environ 4,2 millions en 2004 à plus de 5 millions en 2010, ce qui provoque des tensions sur le logement et les transports.
- Les élections de 2011 : le PAP recule à 60 % des voix et perd pour la première fois une circonscription plurinominale (GRC), Aljunied, au profit du Workers' Party. Le gouvernement réagit par un durcissement de la politique migratoire et un vaste effort sur le logement et les transports.
- Le cinquantenaire de 2015 (SG50), assombri par la mort de Lee Kuan Yew le 23 mars ; le PAP remonte à près de 70 % des voix aux élections de septembre.
- Le sommet Trump-Kim du 12 juin 2018 à Sentosa, symbole du rôle de terrain neutre de la diplomatie singapourienne.
- Des évolutions sociales : abrogation en 2022 de l'article 377A du code pénal, qui pénalisait les relations sexuelles entre hommes, accompagnée d'une protection constitutionnelle de la définition du mariage.
La pandémie de COVID-19
Le premier cas est détecté le 23 janvier 2020. Après une phase de contrôle réussie, des foyers massifs apparaissent dans les dortoirs de travailleurs migrants, où vivent des centaines de milliers d'ouvriers. Le gouvernement impose du 7 avril au 1er juin 2020 un confinement partiel baptisé « circuit breaker », puis des restrictions graduées, l'application de traçage TraceTogether et l'une des campagnes de vaccination les plus rapides au monde. L'économie se contracte en 2020, la plus forte récession depuis l'indépendance, avant de rebondir en 2021. Les élections du 10 juillet 2020, tenues en pleine pandémie, donnent 61 % des voix au PAP. Les frontières rouvrent progressivement à partir de 2022.
La transition de 2024 et les élections de 2025
Conformément au renouvellement planifié des générations politiques, Lee Hsien Loong passe la main le 15 mai 2024 à Lawrence Wong, économiste de formation, ancien ministre des Finances et figure de la gestion du COVID-19. Lee Hsien Loong reste au gouvernement comme Senior Minister. Un an plus tôt, l'ancien ministre Tharman Shanmugaratnam avait été élu président de la République avec environ 70 % des voix.
Aux élections générales du 3 mai 2025, les premières de Lawrence Wong, le PAP obtient 65,57 % des voix et 87 des 97 sièges, son meilleur score depuis 2011 ; le Workers' Party conserve ses 10 sièges. Le fonctionnement des institutions est détaillé dans notre page sur le gouvernement de Singapour et la liste des chefs de gouvernement sur celle des Premiers ministres.
Les grands chantiers en cours
Le pays aborde sa septième décennie avec plusieurs défis : vieillissement rapide de la population et natalité parmi les plus faibles du monde, coût du logement, dépendance aux travailleurs étrangers, montée des eaux pour une île basse, et position délicate entre les États-Unis et la Chine. Les projets d'infrastructure sont à la mesure de ces enjeux : regroupement des activités portuaires à Tuas, nouveau terminal 5 à Changi, nouvelles lignes de MRT (voir les projets de MRT), programmes de protection côtière et de Smart Nation.
Questions fréquentes
Qui dirige Singapour aujourd'hui ?
Le Premier ministre Lawrence Wong, en fonction depuis le 15 mai 2024 et reconduit après les élections du 3 mai 2025. Le chef de l'État est le président Tharman Shanmugaratnam, élu en 2023.
Le PAP a-t-il déjà perdu une élection ?
Non. Il gouverne sans interruption depuis 1959, mais l'opposition, principalement le Workers' Party, détient une dizaine de sièges élus depuis 2020.
Quand ont lieu les prochaines élections ?
La législature dure au plus cinq ans à compter de la première séance du Parlement ; les prochaines élections générales doivent donc se tenir d'ici la fin de 2030 au plus tard.