Créer son entreprise à Singapour : statuts, démarches et fiscalité
Créer une entreprise à Singapour est rapide : une société privée à responsabilité limitée (Private Limited, « Pte Ltd ») s'immatricule en ligne auprès de l'ACRA (Accounting and Corporate Regulatory Authority) pour 300 S$, souvent le jour même. Il faut au moins un actionnaire, un capital symbolique d'un dollar, une adresse de siège à Singapour et un administrateur résident. Les bénéfices sont imposés à 17 %, avec des exonérations partielles qui ramènent le taux effectif bien plus bas pour les petites sociétés. La vraie difficulté pour un étranger est ailleurs : obtenir le droit de travailler pour sa propre société.
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Quelle forme juridique ?
| Forme | Responsabilité | Usage |
|---|---|---|
| Private Limited (Pte Ltd) | Limitée aux apports | Forme standard pour une PME, une start-up ou une filiale |
| Sole proprietorship | Illimitée | Entrepreneur individuel, surtout pour les résidents |
| Limited Liability Partnership (LLP) | Limitée | Professions libérales associées |
| Branch / Representative office | Celle de la maison mère | Implantation d'une société française sans filiale |
La Pte Ltd est presque toujours le bon choix pour un expatrié : séparation des patrimoines, fiscalité avantageuse, crédibilité auprès des banques et des clients, et possibilité d'employer et de sponsoriser des pass de travail.
Les étapes de l'immatriculation
- Réserver le nom sur BizFile, le portail de l'ACRA. Certains noms nécessitent l'avis d'une autorité (banque, éducation, finance).
- Désigner les dirigeants : au moins un administrateur (director) ordinairement résident à Singapour, c'est-à-dire citoyen, résident permanent ou titulaire d'un pass (Employment Pass, EntrePass) avec une adresse locale. Chaque administrateur, actionnaire et secrétaire fournit son identité, sa date de naissance et ses adresses.
- Fixer le capital et les statuts (constitution) : une action suffit ; la plupart des sociétés adoptent le modèle standard.
- Déclarer le siège : une adresse à Singapour, ouverte au public au moins trois heures par jour ouvré ; elle peut être distincte du lieu d'activité.
- Payer 300 S$ : la plupart des immatriculations sont approuvées peu après le paiement ; un dossier complexe peut prendre jusqu'à 15 jours ouvrés, ou davantage si une autorité doit être consultée.
La société doit ensuite nommer un secrétaire général (company secretary) résident dans les six mois, tenir ses registres, déposer chaque année son rapport annuel (annual return) auprès de l'ACRA et ses déclarations fiscales auprès de l'IRAS. Un prestataire de services aux entreprises (corporate service provider) peut tout gérer, y compris fournir l'adresse de siège, le secrétaire et, à titre provisoire, un administrateur résident (« nominee director ») moyennant un forfait annuel.
Conseil : ouvrir le compte bancaire professionnel prend souvent plus de temps que l'immatriculation, surtout si aucun dirigeant ne vit à Singapour. Les banques digitales pour entreprises et les grandes banques locales demandent un plan d'activité et des justificatifs sur l'origine des fonds. Voir notre page sur la banque à Singapour.
Le droit de travailler dans sa propre société
Attention : être actionnaire ne donne pas le droit de travailler à Singapour. Un étranger qui dirige sa société sur place doit détenir un pass adapté. Il n'existe pas de « visa investisseur » simple pour les petites structures.
- Employment Pass : la société peut demander un EP pour son fondateur, à condition de remplir les critères de salaire et le barème COMPASS, ce qui suppose une activité et une trésorerie suffisantes. Voir nos visas de travail.
- EntrePass : réservé aux entreprises innovantes ou financées par du capital-risque. Le fondateur doit détenir au moins 30 % du capital et remplir un critère parmi : levée d'au moins 100 000 S$ en un tour de table, soutien d'un incubateur ou accélérateur reconnu, propriété intellectuelle enregistrée ou cession réussie d'une précédente entreprise technologique. Les renouvellements exigent des résultats (emplois locaux, dépenses).
- Letter of Consent : le conjoint titulaire d'un Dependant's Pass peut obtenir une lettre de consentement du MOM pour créer et gérer sa propre entreprise.
- ONE Pass : il permet de créer et diriger une société en parallèle d'un emploi.
L'impôt sur les sociétés
Le taux unique est de 17 % sur le bénéfice imposable. Il est fortement réduit pour les petits bénéfices par deux dispositifs, non cumulables :
| Dispositif | Exonération | Maximum exonéré par an |
|---|---|---|
| Start-up Tax Exemption (3 premières années) | 75 % des premiers 100 000 S$, 50 % des 100 000 S$ suivants | 125 000 S$ |
| Partial Tax Exemption (autres sociétés) | 75 % des premiers 10 000 S$, 50 % des 190 000 S$ suivants | 102 500 S$ |
Pour l'année d'imposition 2026, s'y ajoute un rabais de 50 % de l'impôt dû, plafonné à 40 000 S$, ainsi qu'une aide forfaitaire de 2 000 S$ (déduite de ce plafond) pour les sociétés actives ayant cotisé au CPF pour au moins un salarié local en 2025. Exemple : une jeune société dégageant 100 000 S$ de bénéfice ne paie que 17 % de 25 000 S$, soit 4 250 S$, réduits de moitié par le rabais.
Les dividendes versés aux actionnaires ne sont pas imposés à Singapour (système « one-tier ») ; un actionnaire résident fiscal français reste en revanche imposable en France sur les dividendes reçus, selon la convention fiscale. Les autres aspects sont traités dans notre page sur la fiscalité.
GST et obligations comptables
La société doit s'immatriculer à la GST (9 %) lorsque son chiffre d'affaires taxable dépasse ou devrait dépasser 1 million S$ sur douze mois ; l'immatriculation volontaire est possible en dessous. Chaque année, elle doit estimer son bénéfice (Estimated Chargeable Income) dans les trois mois suivant la clôture, puis déposer sa déclaration d'impôt (formulaire C-S, C-S Lite ou C) avant le 30 novembre. Les petites sociétés sont souvent dispensées d'audit, mais pas de comptabilité.
Se faire accompagner
EnterpriseSG et l'EDB accompagnent les implantations ; la Chambre de commerce française à Singapour (FCCS) et le réseau Business France conseillent les entrepreneurs français et organisent des rencontres. Voir notre page sur la communauté française. Le contexte économique, de la place financière au port, est présenté dans l'économie de Singapour.
Questions fréquentes
Combien coûte la création d'une société à Singapour ?
L'immatriculation coûte 300 S$ à l'ACRA, plus une petite somme pour la réservation du nom. Comptez ensuite les frais d'un prestataire (adresse, secrétaire, comptabilité), de quelques centaines à quelques milliers de dollars par an.
Un étranger peut-il créer une société à Singapour sans y vivre ?
Oui, à condition de nommer un administrateur résident à Singapour, souvent fourni par un prestataire. Pour diriger la société sur place, il faut en revanche un pass de travail.
Quel est le taux d'impôt sur les sociétés à Singapour ?
17 %, avec des exonérations partielles sur les 200 000 premiers dollars de bénéfice et un rabais de 50 % (plafonné à 40 000 S$) pour l'année d'imposition 2026.